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vendredi 3 juillet 2009

Encore deux mois.

Salut,

Me voilà de retour à Berlin, après une semaine passée en France. Ici ça commence sérieusement à sentir le départ. Pas tellement pour moi, qui reste encore quasiment deux mois pleins, mais pour beaucoup de mes camarades erasmus qui abandonnent la ville à la fin juillet.


Cette semaine je suis allé au musée juif (jüdisches Museum), d’où cette première photo. Je précise que c’est un escalier, puisqu’on ne voit pas bien les marches qui sont cachées dans l’ombre en bas du cliché. Le musée juif est une étape touristique incontournable de Berlin, et je me devais donc d’y faire un tour. Il était sur ma liste des incontournables à visiter depuis un baille. Deux questions se posent lorsqu’on décide de visiter ce musée : quel est l’intérêt de la collection, et le musée ne doit-il sa renommée qu’à son architecture hors normes?


Pour être honnête, je n’ai été emballé par l’architecture. De l’extérieur, je trouve le musée quelconque. A l’intérieur, il y a quelques bonnes idées, mais le concept l’emporte systématiquement sur la fonction de muséale, et au bout du compte il n’est pas très agréable de déambuler dans les couloirs. Il y a des angles, des marches (j’ai failli me casser la gueule), des passerelles et des double-couloirs qui brisent le cheminement, sans apporter la richesse attendue à la traversée des espaces. Et puis on étouffe un peu, les pièces sont étroites, ça manque de volume. Le musée se déroule selon deux axes, celui de l’exile et celui de l’holocauste. Ces pistes se croisent (d’où les doubles couloirs) en permanence. Au début, on est séduit, puis irrité. Le clou du musée est donné dès le départ : le jardin de l’exile et la tour de l’holocauste. On accède à ces deux espaces au bout de cinq minutes, après avoir vu dix malheureuses vitrines sans grands intérêt. Le jardin de l’exile développe le même concept que le mémorial aux juifs assassinés d’Europe (en lui étant antérieur) : un damier de grandes stèles de béton. Dans le jardin, les stèles sont surmontés d’oliviers, et encrées dans un sol inclinée. Le but : faire ressentir au visiteur le fameux concept de désorientation, ici désorientation des juifs forcés au départ. Ce qui m’a intrigué, c’est que les deux mémoriaux se ressemblent beaucoup, pour évoquer pourtant deux sujets différents, d’un côté l’exile, donc la vie, et de l’autre l’extermination. A méditer.



L’autre pièce maîtresse, c’est la tour de l’holocauste. On passe une porte anti-bruit, qu’une hôtesse du musée nous ouvre, et là, pof, on se retrouve dans une salle vide, triangulaire, haute de plusieurs étages, aux murs nus et éclairée seulement par une petite fente dans le béton située en hauteur. L’effet est très puissant. On se retrouve en cellule, ou dans une chambre à gaz. Dommage qu’il n’y ait qu’une seule salle, j’aurai voulu un labyrinthe sur le modèle.



Le reste du musée n’est pas franchement palpitant, car présente un contenu souvent trop anecdotique composé de donations hétéroclites. Des bribes de destins, de coutumes, des objets divers. Les mises en scène sont moches, ou destinées aux enfants. Je trouve qu’une place trop importante est accordée à la religion juive au moyen-âge (sujet qui me passionne moyennement), et qu’on passe trop rapidement sur le chapitre de l’holocauste. Il y a par contre une exposition de photos sur Israel vachement intéressante. Je reviens à l’architecture, pour dire qu’il n’y a presque pas de fenêtres, seulement des puits de lumières, et quelques bandes vitrées ouvertes sur l’extérieur qui nous rappelle qu’on est à Berlin. Je trouve que la photo suivante est typique de Berlin. Ces barres d’immeubles, mouillées par la pluie, avec quelques touches de couleur aux facades.
Au deuxième étage, après la marche qui a failli avoir ma peau, on a droit à une présentation des objets de la culture juive du quotidien, et notamment une chouette collection de kippas pour enfants toutes plus funky les unes que les autres. Petite sélection :



Sorti du musée, il pleuvait. Super. Je me suis abrité sous le grand parasol d’une buvette à côté du musée et me suis achetée une bionade en attendant que ça passe. Parce que bon, j’étais venu avec Invanhoé et je ne voulais pas pédaler sous la flotte. Vingt minutes plus tard, j’étais reparti direction la maison.


Sur le chemin, à vélo je suis passé par les rues un peu chic de Berlin, autour du Gendarmenmarkt (le marché des gens d’armes). C’est le quartier où se sont installés les Huguenots français, d’où le nom. On y trouve des restaurants un peu snob, des agences de communication et des boutiques de luxe. On y trouve aussi une gendarmerie, mais pas exactement comme celles qu’on a en France.


Aucun rapport, mais l’autre jour je me suis cuisiné du porc au curry avec des petits oignons, des carottes et des tomates cerises. J’ai aussi trouvé (enfin) du riz basmati en sachet plastique. C’était bien bon.


Je profite de ce billet pour vous parler d’une Fiat qui me hante. Je la vois partout, à côté de la fac et à côté de chez moi. Je ne sais pas si c’est à chaque fois la même bagnole, mais c’est possible parce qu’une voiture comme ça ce n’est pas si fréquent. On dirait un peu qu’elle est faite en légo. Admirez plutôt :


Dans le même genre, hier j’ai vu en bas de chez moi un camion poubelle assez fantaisiste. Je crois que c’est pour aller avec les gros tuyaux colorés.


Pour finir, et vous mettre l’eau à la bouche de bières et de saucisses, parlons de Biergarten. Comme nous sommes déjà en juillet, et même si les beaux jours ne sont pas vraiment là, les Biergarten ont enfin rouvert! Qu’est-ce que c’est agréable ce genre d’endroit, je suis fan. C’est une habitude typiquement allemande, que même les Hollandais, pourtant grands buveurs de bières, n’ont pas adopté. Sans doute faute d’espace dans leur si petit pays. Pour ceux qui ignorent de quoi je parle, petite explication : vous vous représentez une auberge à ciel ouvert, avec de grandes tables, des lampions, parfois des fontaines, plein de gens qui boivent des bières et mangent des saucisses, des bretzels et des cornichons dans la bonne humeur, le tout au centre d’un pâté de maison donc à l’abri de la circulation. Que demande le peuple ? Plus de Biergarten !


Voilà pour aujourd’hui. Bon vent, courage à ceux qui bossent encore. Les autres, ceux qui sont en vacances, profitez de votre chance, baladez-vous et envoyez moi des photos de vos aventures (ensoleillées).

Ps : je vais tâcher de vous proposer un nouveau sondage. Et j'ai écrit en gris cette fois-ci, par respect pour vos yeux. Dites-moi si c'est mieux comme ça.

mardi 23 juin 2009

Berlin Blues

Bonjour,

l'autre jour, j'ai invité des amis à manger. C'était super, seulement le lendemain ils n'étaient plus là et la vaisselle me restait sur les bras.


On ne le dira jamais assez, créer du lien social a un coût. J'avais préparé un délicieux taboulé libanais, parfaitement citronné et plein de saveurs, suivi par du poulet à l'estragon et un gratin dauphinois. Ca n'a pas été de tout repos de gérer les différents temps de cuisson, et puis que ce soit bon à la fin, mais je m'en suis sorti, et ous les applaudissements de mon public! J'exagère un peu, mais tout le monde m'a dit que c'était délicieux. Je pense que mes invités internationaux avaient besoin de conforter le cliché qui veut que les Français cuisinent bien. Et moi aussi d'ailleurs, je voulais être à la hauteur. On a beaucoup picolé, et que du vin français. Une amie australienne avait apporté un vachement bon bourgogne rouge, qu'elle avait du payer plutôt cher vu les prix des bouteilles française ici à Berlin (enfin, si on décide de prendre quelque chose de meilleur que la cuvée Napoléon ou le Bordeaux prestige...). Vérifiez donc, les assiettes sont vides!

Oui je sais, le truc dans la petite assiette au centre, c'est une tranche de pain de mie. Je mérite la damnation éternelle, mais laisser moi d'abord m'expliquer. Je voulais acheter des baguettes, malheureusement les choses ne sont pas passées comme prévues. En fait j'avais chargé une fFançaise (la seule invitée) d'acheter le pain, et elle m'a planté, pretextant le lendemain qu'elle avait confondu les dates et oublié son portable... Mouais, je l'ai pas encore revu depuis. Sinon niveau ambiance, en plus du pinard, on avait Paul. Paul, c'est un néerlandais qui joue bien de la guitarre, qui chante et qui, surtout, connait quasiment toutes les chansons du monde! Vraiment chouette, particulièrement lorsqu'il improvisait de nouvelles paroles pour me souhaiter mon anniversaire.


Ah, mais j'oubliais de vous parler d'un invité de dernière minute! Balimann évidemment, le chat. Il n'a pas été trop chiant, notamment parce que Kirk l'américain a établi avec lui une sorte de contact psychique apaisant, mais il a quand même tenté de dévaliser la poubelle le lendemain matin. Une seule solution: descendre la dite poubelle. Putain de chats, impossible de lutter face à leur témérité.


Restons dans la rubrique poubelle (j'espère que ce n'est pas une de mes nouvelles obsessions), pour que je vous parle une fois de plus du Pfand (consigne), mon marronnier favori. Voici une poubelle berlinoise normale. Oui, elle sont oranges avec une sorte de trou sur la gauche pour écraser les mégots. Et dessus, que voyez-vous? Un autocollant, c'est bien ça. Enfin il y en a plusieurs, mais je vous parle de celui qui est blanc au milieu. Une idée de ce qu'il veut dire?


On voit rien? Oui mais avec ce que j'ai dit avant à propos de Pfand, vous êtes sur la piste. Bon, d'accord, rapprochons-nous un peu. C'est clair à présent? Si vous êtes perdu je vous conseille vivement d'aller consulter un neurologue.



Il ne faut pas jeter ses bouteilles vides dans la poubelle, c'est très mal. Il faut les déposer à son pied pour que les clochards puissent les récupérer et aller gratter quelques centimes au supermarché. Je ne sais pas d'où sort cet autocollant, en tout cas ce n'est pas une initiative de la mairie.






Et maintenant, une histoire photographique:

Il était déjà presque 9 heure, et Herr Matula se rendait à son travail, en tournant dans la Tor StraBe comme chaque matin. Il pleuvait, une pluie fine et ininterrompue qui rebondissait sur les feuilles des tilleuls. Il n'y avait personne au table en bois devant les vitrines des Spätikauf. Sur le trottoir, un drôle de mec passait avec son vélo. Il portait un kway violet fluo et des bottes de caoutchouc. A l'approche du feu, Herr Matula ralentit un peu, quand soudain le véhicule de devant stoppa net, sans avertissement. Herre Matula ne pu éviter la collision, qui lui emboutit le capo dans un bruit de poubelle qu'on vide dans une benne. Et merde, il allait être en retard au bureau.


Arrivée au bureau vers 11h, parce qu'il avait fallu remplir les constats, faire remorquer la voiture et prendre un taxi, Herr Matula s'était fait savonné par le patron. Il travaillait dans un grand immeuble en pierre grise, lustrée, sans âme. Heureusement que la société était installé au dernier étage, au moins il y avait une vue sur le carrefour. Pour compenser son retard, Herr Matula resta jusqu'à 21h au bureau, à mettre à jour le fichier excel des ventes.


Il sortit de l'ascenseur en trainant des pieds. A cette heure-ci il n'y avait plus personne derrière le comptoir d'accueil dans le hall. Il était vanné, il avait faim, ses coudes étaient douloureux à force d'avoir été appuyés sur le bureau. Herr Matula descendit sur le quai du U-Bahn, et dépassa un asiatique qui vendait à la sauvette des cigarettes russes. Arrivée du métro dans 9 minutes. Bon, plus qu'à attendre. Il n'avait pas envie de rentrer directement chez lui. L'idée se faire crier dessus par Anne à cause de la voiture l'enervait d'avance. Après une journée pareille, il pouvait bien s'offrir un peu de bon temps. Il connaissait un endroit vers Charlottenburg, le LSD. Il faudrait par contre qu'il essaie de ne pas rentrer trop tard, parce demain il bossait.


Allez, bon vent.

vendredi 12 juin 2009

Quand il pleut, on fait la cuisine.

Bonjour,
Le temps est mauvais à Berlin, et ça fait deux semaines que ça dure.


Ce qui fait que les photos d’aujourd’hui seront sans doute un peu tristounettes. Commençons avec un façade bien monotone, d’un bâtiment de style RDA situé derrière Alexanderplatz.


Le 4 juin, c’était mon anniversaire, alors je me suis fait un déjeuner d’anniversaire tout seul que j'ai mangé tout seul. Bon, je sais, c’est pas de la haute gastronomie mais c’était bon quand même. Le truc marron et violet, c’est des oignons rouges et des champignons. Et rassurez-vous, après j'ai vu des amis, si c'est vrai, et non je n'ai pas passé la journée tout seul à la maison.


Ce soir je me lance dans quelque chose de plus ambitieux : j’ai invité du monde à diner, nous serons une dizaine, et c’est moi qui cuisine ! Oh oh oooh. Au menu, taboulé libanais en entrée, avec surtout de la menthe et du persil, et en plat du poulet à l’estragon accompagné d’un gratin dauphinois. J’ai aussi acheté trois bouteilles de vins français. Ce ne sont pas de grands vins, mais vu les prix du "bon" vin français ici, j'me suis limité à du raisonnable. En fait, je me suis aussi laissé avoir/guider par la «médaiiiiille d’or Paris 2009» collée sur deux des bouteilles. J’espère que ce sera bon. Au moins, on a à picoler. On va tous se serrer dans la cuisine, mais heureusement la table à deux rallonges. A propos de cuisine, l’autre jour j’y ai vu par la fenêtre une poubelle volante.


Je crois que je vous le savez, mon immeuble est en travaux permanents. Le propriétaire et quelques-uns de ses amis ouvriers ont entrepris, je ne sais il y a combien de mois, de refaire le toit de l’immeuble eux-mêmes. Ils y sont encore, et se servent de la poubelle hissée avec un treuil pour convoyer je ne sais quoi. Tuiles, parpaings, gravas, drogues?

Comme la supercherie avec Invanhoé vous a plu, mais en a sans doute laissé certains dubitatifs quant au sort réel de mon vélo - "Est-il toujours envie oui ou non, j’ignore de le savoir!"- je vous montre une preuve d'existence.


Bref, voici cette belle photo de mon destrier à cycles, et en action s'il vous plait, qui nous permet de commencer la visite pluvieuse de, de, de… Ah bah non, ce serait trop facile de vous dire la réponse comme ça. Une devinette crient les vrais fans ! D’accord. De quelle rue/avenue s'agit-il? Un indice s’est glissé dans ce cliché.


Alexanderplatz, à l’entrée de la Karl Marx Allee (et oui, c’était ça la réponse), quand il pleut, et bien c’est très triste, encore plus triste que d’habitude, et très gris, très très gris, et un peu délabré aussi.


Pour trouver le chemin de l’ancienne Avenue Staline, c’est facile, il suffit de suivre les AmpelMäner, ces petits bonhommes verts des feux de signalisation de la DDR, qui servent aujourd’hui d’emblème touristique à Belrin. Va savoir pourquoi il y en a trois d’un coup sur ce graffiti ? Je pense que c’est un peu comme dans retour vers le futur. Le Ampelman de droite, le plus jeune, est retourné dans le passé (avec une machine, en tombant dans un vortex, c'est pas important), et a accidentellement modifié le cours de l’histoire en empêchant son arrière-grand-mère de faire un enfant avec son arrière-grand-père (peu importe la manière, on ne veut pas le savoir), ce qui fait que le grand-père Ampelman, le bonhomme vert qui est à gauche sur le photo, est en train de disparaître, rattrapé par une nouvelle réalité perturbant le continuum espace-temps. Je m'excuse, mais il faut bien que je raconte des trucs entre les étapes sinon on aura bouclé la visite dans 1 minute 30. On continuuuue?


En passant à vélo entre la chaussée de la Karl Marx Allee et son trottoir démesuré et bordé de pelouse (donc en roulant sur la piste cyclable, oui c'est bien ça) nous croisons alors à plusieurs reprises un portrait de Martine Aubry. Ah ah, alors pour faire comme Cohn Bendit, la Martine se lance dans la politique en Allemagne sans rien avoir dit aux journaux? Ah non en fait, ce n’est pas Aubry mais une candidate SPD aux Européennes. Sâcrée propagande du PS en tout cas; le parti devrait l'embaucher en tant que sosie de Martine pour les meetings à risque.


Bon alors on a un peu roulé sur la Karl Marx Allee, et puis pof d’un coup, le soleil se couche. C'est qu’il est déjà 22H47 quand même. Il a beaucoup plus, et alors on est là sur son vélo, et on se dit qu’on aimerait mieux être à la maison. Allez, courage, dans 15 minutes on y est.


Sinon, ces derniers temps j’ai joué au ping-pong avec mon ami américain Kirk et un ami à lui, un autre américain. C’était chouette, j’ai bien joué et je me suis dit que parfois les cours de sport du lycée et les vieilles tables de ping-pong des maisons de vacances avaient du bon et pouvaient préparer un homme à affronter les épreuves de l'avenir.


J’ai aussi bu pas mal de Rothaus, la meilleure et la plus chère des bières, au gout si rustique et un peu fruité, aux bons céréales, à la robe dorée comme la fôret à la mi-automne. Elle ne vient pas de Berlin celle-là, mais de la Forêt Noire, et j’en profite pour faire en passant une dédicace à mon ami Simon venu de cette région reculée d’Allemandie. Vous avez déjà vu l’étiquette, mais pourquoi se priver d’un petit rappel. Et puis elle est tellement belle.


En exclusivité mondiale à présent, voici le cliché qui m’a été acheté 120 000 euros par Paris-Match: ma professeur de cours de langue de dos, occupée à faire marcher le vieil ordinateur. Comme vous pouvez le constater sur ces images poignantes, le tableau est effectivement blanc. C’est beau.


Et après les cours, un shot de tonus en allant faire un saut à la cafet' avec les amis. Heu, non, quittons le ton Hélène et les garçons, c'est trop horrible. Bref, il existe une cafeteria secrète au premier étage de la fac, ou on peut boire un vrai expresso italien, avec vue sur le dôme de la bibliothèque. Grandiose.


Enfin, pour terminer le billet du jour, je voudrais lancer un appel aux pouvoirs publics français et allemand : libérez Alex! Oui, libérez-le. S’il vous plait. Fra-ter-ni-té! Fra-ter-ni-té! Vous n’avez pas le droit de garder en prison un innocent. Tous avec moi! Liberté Liberté!


Je rentre en France dans dix jours, pour une petite semaine de rechargeage de batterie à coup de pinard, de bonne cuisine, de famille et d’amis.

Bon vent et à la prochaine.

ps: il y a aussi à Berlin des parcs, du soleil, des oiseaux, des restaurants, la vie n'est pas triste et humide tout le temps!

dimanche 17 mai 2009

Je reprendrais bien un peu d'architecture.

Bonjour chers lecteurs,


J'espère que vous avez bien petit-déjeuné, flemmardé, pris un bain, rangé la cuisine, lu les journaux, brunché, bref, que vous avez déjà profité du dimanche. Si ce n'est pas le cas, pas de panique, il vous reste encore l'après-midi pour vous rattraper. Mais d'abord, un peu de lecture.

Aujourd'hui je vais vous parler de... Berlin. Ouais, je sais, je maîtrise de mieux en mieux les petits effets de suspens. Mais c'est qu'il faut bien légitimer le titre de ce blog. Et à dire vrai, c'est aussi que la visite des mes parents le weekend dernier m'a permis d'appréhender la ville de manière plus architecturale (normal, sont architectes me direz-vous...). Pour ceux qui en sont encore à se demander qui sont les gens de la photo du début, et bien c'est nous trois, reflétés dans la coupole du Reichstag, coupole dessinée par Norman Foster. Oui, le cours d'archi à commencé. Prenez place, et tâchez d'arriver à l'heure la semaine prochaine.

Première diapo: la très moderne (et très chouette) bibliothèque qui termine l'énorme bâtiment abritant les bureaux des parlementaires, en bord de Spree. J'ai pris la photo du haut du Reichstag, d'où les pignons aux premiers plan. Mmmh, alors les enfants, vous en pensez quoi? Berlin ville de contraste?


Ce dont on se rend très rapidement compte en circulant dans Berlin, d'un quartier à un autre, c'est que le tissu urbain est complètement distendu, étiré, presque éclaté. C'est grand, immense, les rues sont larges, avec un vaste trottoir souvent doublé d'une bande d'herbe où on a planté des arbres et des garages à vélos. Il y a aussi énormément d'espaces en friche. Un terrain vague peut ainsi surgir entre deux bâtiments fraichement rénovés, même dans les quartiers déjà bien retapés comme Prenzlauer Berg. Précision, je parle ici de Berlin Est, et d'avouer que je ne m'aventure presque jamais de l'autre côté du Tiergarten. Paysage à travers lequel transparait bien cette étrange impression, de se sentir partout comme en province, comme dirait mon père, voici la skyline de Friedrichshain vu depuis les berges de la Spree. C'est pas franchement beau, mais comme il y a du Wim Wenders derrière tout ça, on apprécie.


Passons au troisème cliché. j'espère que vous prenez des notes. C'est un bâtiment de l'architecte portugais, Alvaro Siza, et qu'on appelle aujourd'hui Bonjour tristesse. Pourquoi donc? Bah à cause du tag, qui est venu orner le fronton dès la fin des travaux, en 1984. L'immeuble est situé dans Kreuzberg, près de Schlesises Tor. On passe devant sans le voir. Savoir si on aime ou on aime pas, s'il est vraiment triste ou non, c'est une affaire bien compliquée. C'est vrai que l'enduit est dégueulasse. Mais je dirai qu'il s'intègre pas trop mal, en étant malgré tout convenablement original. Enfin j'aimerai pas non plus le voir de mes fenêtres chaque matin. Quelques détails dans la façade sont plutôt malins. Mon père dirait: "tu vois, ça, ça et ça, c'est de l'architecture bien pensée".


La suite, c'est un ensemble de logements style RDA qui trône à un carrefour, au nord de Friedrichshain. C'est colossal, ça bouffe toute la place, ça se fout de ce qu'il y autour, c'est tristounet, mais c'est tellement berlinois! On note que l'architecte n'a pas voulu faire que des tours de la même taille. Non, non, trois tailles différentes, c'est mieux. Avec des décrochés, comme ça ça casse le rythme... vous voyez?


J'avais aussi envie de vous faire part d'une expression de mon papa que je trouve vachement pertinente (mais attention hein, elle est copyrightée): vivre et travailler dans un aquarium. C'est l'hyper-post-modernité consommatoire productiviste qui veut que tous les burlingues soient en verre et acier. Pour symboliser la transparence, et aussi pour que les employés se sentent toujours un peu épiés. Les plantes vertes et les photocopieurs, on dirait des algues et des petits coffres à trésor en plastqiue. Illustration: une façade derrière Potsdamer Platz.


Malgré tout ça, il y a quand mêmes de très beaux bâtiments à voir à berlin. De formidable, il y a la Neue Nationale Galerie, de Mies van der Rohe (un musée). Difficile à décrire. Je dirai que c'est un bâtiment parfait, dans lequel absolument tout est dessiné, contrôlé à la perfection. Les dimensions et l'usage de l'espace donne presque l'impression de flotter; ça a quelque chose du temple. Bon, les photos donnent pas grand chose, les verticales étant complètement déformées, mais je ne résiste pas à l'envie de vous les montrer quand même, parce que j'ai utilisé le mode panoramique... tadaaam!



Dites vous bien que ça ne fait pas la taille d'une station service, mais qu'il doit y avoir 7 mètres de hauteur sous plafond. Pour la photo du bas, imaginez que tout est bien parallèle (le bâtiment étant rectangle) et que les deux masses noires sont d'énormes colonnes d'une très belle pierre sombre. Pour avoir une idée de l'échelle, on distinguent des doubles portes ouvrant sur la terrasse au fond.


Allez, fini l'architecture pour le moment. On passe à la rubrique "retaurant". "C'est bat'. J'm'appelle Patrick, mais on dit Bob..." Oui, je suis en train d'écouter Boris Vian. Hum hum, reprenons: vendredi dernier (non, pas celui là, celui d'avant) on a diné en terrasse dans Prenzlauer Berg avec mes parents (un des avantage d'avoir ses parents en visite, c'est qu'on mange tout le temps au resto). C'était très sympa, jusqu'à ce qu'il se mette à tomber des cordes et des cordes. Soirée très très mouillée mais marrante. Heureusement que la terrasse était équipée d'un auvent en tissu déroulant, et que le restaurant mettait à disposition de ses clients des plaids, qui nous ont permis de nous protéger des gouttes à trajectoire latérale. Et puis surtout, heureusement qu'on avait treminé nos assiettes (cuisine franco-allemande - donc alsacienne - bien mastock).



Pour terminer: petite mise au point à propos du billet précédent. Je ne sais pas si c'est clair dans votre esprit que l'ours en jambon (un franc succès en matière de commentaire) est en l'occurrence composé exclusivement de viande, et que c'est sa forme qui m'a fait faire un rapprochement avec les ours en guimauve napés de chocolat. C'est dit. Sinon, je n'ai pas tellement vu d'autres denrées alimentaires étant le produit d'un croisement avec une friandise. Je ferai attention la prochaine fois que j'irai faire les courses, promis. Et à propos du comté, banco. Il était bien importé de France.

Allez, bon vent. Et la prochaine fois, je vous parle de la reconstruction du mur de Berlin et vous raconte une expérience lynchéenne dans un bar, photo à l'appui.

jeudi 14 mai 2009

Un paquet de saucisses allemandes...

Bonjour bande d'avocats irradiés!

Allez, il faut que je reprenne le rythme de la rédaction de ce blog. Pour repartir sur les chapeaux de roues, voici une petite série de clichés qui vous présentera les délices de la gastronomie allemande. Lecker!


J'ai pris ces photos au sixième étage du Kadewe, sorte de Bon Marché berlinois. C'est vraiment très impressionnant: des centaines de sortes de saucisses, de saucissons, de lards, de boudins, des amoncellements de conserves, de pots de moutarde, de sauces du monde entier. Du café, du poisson, des chocolats.. Il y a de tout, de partout, et c'est très très cher. Heureusement que j'avais déjà (et bien) mangé avant d'y faire un tour, sinon j'y aurais perdu mes derniers deniers.


J'ai particulièrement flashé sur les saucisses, comme vous pouvez le constater. Saucisses normales, roses, rouges, rosées, blanches, grises, et surtout saucisses en boîte et en pot. C'est étrange non, cette habitude de traiter les Wurst comme des cornichons. Ce n'est pas vraiment apétissant, mais j'imagine que ça permet d'en stocker plus facilement dans son bunker en prévision d'une guerre nucléaire. Je vous en remet une photo, pour vous prouvez que ce n'est pas la petite touche d'originalité d'une seule marque, mais bien un véritable pan de la culture germanique.


On continue dans le raffinement. Précision: attention, l'image qui va suivre peut heurter la sensibilité de mon public le plus éduqué. C'est une horreur, un mélange entre du jambon et un ours en gimauve. Les Bärchenwurst! Beurk. Je ne sais pas si ça donne vraiment envie aux enfants de manger leur jambon - j'allais écrire "aux lardons", parce que j'aime bien cette expression pour parler des petits nenfants, mais dans notre contexte de charcuterie, ça risquait d'embrouiller mes lecteurs - je ne sais d'ailleurs pas s'il existe des enfants qui font des carpices pour bouffer du jambon, mais bref, c'est sacrément écoeurant:


Et après toute cette bidasse, rien de tel qu'une grande bière pour se rincer le gosier. Cette fois ce n'est pas une particularité culturelle teutonne mais une pratique de plus en plus courante et qui enlaidie terriblement nos villes. On a certes la même chose à Paris, mais ici à Berlin, ça commence à prendre des proportions démesurées. Après ça je n'ai pas spécialement envie de faire la promo de cette marque, mais il faut bien que je réponde à votre insatiable curiosité, la bière en question c'est de la Warsteiner. A vous de voir si vous décidez de la boycotter à tout jamais ou d'en commander une caisse sur internet pour essayer. Perso, je ne la trouve pas formidouble.

Pour terminer: mes nouvelles chaussures! Et oui, car j'ai reçu la visite de mes chouettes parents, que j'ai charmé/apitoyé/soulé/hypnotisé pour obtenir ces jolis souliers d'une célèbre marque espagnole, très sympa mais bien trop chère. Je vous raconte tout ça la prochaine fois.


Passez un bon vendredi, moi je vais m'ouvrir une boîte de ravioli et me couper quelques tranches de conté... ça m'a quand même ouvert l'appétit d'écrire tout ça. Bon vent!

mardi 5 mai 2009

Résultats du sondage n°3 :

"Ne se prononce pas mais pense qu'on devrait pouvoir consigner les bébés, les bébés phoques et les lapins."


Petite victoire, à 7 voix contre 6. Je suis fier en tout cas de pouvoir annoncer une participation record, avec près de 14 votes enregistrés! Un tel engagement méritait bien que je vous offre une illustration digne de ce nom! Restez fidèles, et à bientôt pour le récit palpitant de mon dimanche à vélo au bord du Wannsee...
vivre à Berlin
 
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