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mercredi 3 juin 2009

Mes nuits seront plus douces.

Schönen Abend,

D'abord, une jolie photo qui s'inscrit dans ma lignée hommage à Wim Wenders. Elle a été prise à l'aube, vers les cinq heures du matin, en rentrant à pieds des bords de la Spree.


Ensuite: chose promise, chose due. Voici donc la fameuse photo de mon expérience absolument lynchéenne. J'ai croisé ce grand chien noir un soir, dans un bar appelé le "Fire". Vous aurez remarqué que l'endroit tient son nom des télés-feu-de-cheminée, qui donnent à la décoration un petit quelque chose de Twean Peaks et aux clients l'impression d'être dans un étrange et paisible rêve éveillé.


Après un silence prolongé, qui s'explique par un long weekend que j'ai passé à Cracovie et quelques menues besognes administratives à écluser, me revoilà plus en forme que jamais. D'autant que j'ai un nouveau matelas! Je sais, cette transition est dure à encaisser, mais reprenez-vous. C'est un grand deux-places bien épais (je dirais aux alentours de 22 cm), qui va vite me faire oublier l'austère paillasse qui me servait de lit jusqu'alors. J'avais l'épaule qui me rentrait dans le torse à longueur de nuit, et craignais une déformation irréversible de mon élégante silhouette. Admirez un peu le mille-feuille.


Et sans plus attendre, on enchaîne avec un quizz spécial Berlin! Prêt? Alors allons-y. D'où a bien pu être prise la photo suivante? Pour vous aider, je peux dire qu'un indice est caché quelque part dans l'image...


Vous avez trouvé? Du haut de la Fernsehturm? Bravo! Et pour info, c'est une vue de l'Alexanderplatz. Je suis monté en haut de la tour pour la toute première fois (dans un ascenseur qui sent le fromage) seulement il y a quelques jours. C'est payant, c'est cher, mais ça vaut le coup! La photo suivante montre les barres de l'ex Berlin est (difficile à prononcer ex-est) qui s'alignent derrière la place. Non non, ce n'est pas Argenteuil, ni une maquette!

L'autre jour en marchant sous les tilleuls d'Unter den Linden (ça qui veut déjà dire "sous les tilleuls," mais si j'écris "en marchant sous les tilleuls de sous les tilleuls", on comprend plus rien du tout), l'équivalent berlinois des Champs-Elysées, j'ai enfin pensé à prendre une photo qui me trottait dans la tête depuis longtemps: celle du magnifique logo de la compagnie aérienne russe Aeroflot! Ca donne envie, non? Vodka, cornichons, eau de toilette de contrebande et réacteur défectueux...


Et pour rendre à César ce qui m'appartient, et faire un petit clin d'œil à Alex qui est venu me rendre visite le weekend dernier, je vous présente le mariage parfait du matin ou des petites pauses de l'après midi (entre deux longues séances de claviotage de mémoire): café et Leibniz au chocolat! Lecker, rien que de poster la photo ça me donne envie.


Toujours avec Alex, nous avons brunché en terrasse au café Gagarin, à deux pas du parc du château d'eau dans Prenzlauer Berg. Ambiance conquête de l'espace soviétique, très bon pain, petit-déjeuner copieux et jolies tasses à la russe! En plus le soleil était presque de bonne humeur.


La photo suivante est assez marrante, mais peut toutefois choquer la sensibilité des électeurs de droite puritains les plus cons. Petit indice (j'ai un truc avec les devinettes ce soir moi), ce n'est pas de la réclame pour une grosse Wurst, en tout cas pas au sens propre du terme... Pour les non-anglophones, le logo peut aider à faire comprendre de quoi il retourne. Je pense que ce n'est pas à Paris qu'on verrait ça... m'enfin y'a bien eut Yannick Noa en slip Sloggy sur des arrêts de bus.


Direction l'East Side Gallery à présent. Tout le monde a son audio-guide branché? Alors l'East Side Gallery, c'est le plus long pan de mur donné à voir à Berlin. 1,3 km de béton qui double la rive droite de la Spree, de la Ostbahnhof à la station Warschauer Strasse. C'est aussi une série de fresques en plein air, constituant un "monument à liberté" (le terme n'est pas de moi, donc vous pouvez vous moquer). Mais faute de fil barbelé à lames de razoir et de mitralleuses flash-ball à détecteur de mouvement, les peintures ont été, au fil des années, très dégradées par ces connards de touristes. C'est pourquoi une association a décidé de retaper tout ça. Un grand coup de grattoir, une couche de peinture blanche et hop, on appelle les mêmes artistes pour qu'ils nous repondent quelques chose. Il y a de tout, du pas mal au très très moche. Appréciez la petite ironie, qui veut qu'on restaure le mur vingt ans après l'avoir abattu.


J'ai bien aimé ce remake de Guernica à la sauce berlinoise.


Et pour finir ce billet du mardi, le premier du mois de juin, je suis trop triste parce qu'on m'a vandalisé Invahoé... Je l'ai retrouvé un matin en bas de chez moi, amputé. Salaud!


Bon, nan, je blague. C'est pas mon vélo ce blessé de guerre. Ivanhoé va très bien, à l'abri dans la cour de l'immeuble. Faudrait voir à travailler un peu plus votre sens de l'observation quand même.

Allez, bon vent, votez bien aux européennes (j'ai dit BIEN!), et jeudi prochain, pensez à manger de la rillette, de la mère Loïc, du comté, du Saint-Marcelin ou du reblochon tartiné sur du pain poilâne grillé, arrosé d'un Bourgogne blanc bien frais, installé devant Roland Garros!

dimanche 17 mai 2009

Je reprendrais bien un peu d'architecture.

Bonjour chers lecteurs,


J'espère que vous avez bien petit-déjeuné, flemmardé, pris un bain, rangé la cuisine, lu les journaux, brunché, bref, que vous avez déjà profité du dimanche. Si ce n'est pas le cas, pas de panique, il vous reste encore l'après-midi pour vous rattraper. Mais d'abord, un peu de lecture.

Aujourd'hui je vais vous parler de... Berlin. Ouais, je sais, je maîtrise de mieux en mieux les petits effets de suspens. Mais c'est qu'il faut bien légitimer le titre de ce blog. Et à dire vrai, c'est aussi que la visite des mes parents le weekend dernier m'a permis d'appréhender la ville de manière plus architecturale (normal, sont architectes me direz-vous...). Pour ceux qui en sont encore à se demander qui sont les gens de la photo du début, et bien c'est nous trois, reflétés dans la coupole du Reichstag, coupole dessinée par Norman Foster. Oui, le cours d'archi à commencé. Prenez place, et tâchez d'arriver à l'heure la semaine prochaine.

Première diapo: la très moderne (et très chouette) bibliothèque qui termine l'énorme bâtiment abritant les bureaux des parlementaires, en bord de Spree. J'ai pris la photo du haut du Reichstag, d'où les pignons aux premiers plan. Mmmh, alors les enfants, vous en pensez quoi? Berlin ville de contraste?


Ce dont on se rend très rapidement compte en circulant dans Berlin, d'un quartier à un autre, c'est que le tissu urbain est complètement distendu, étiré, presque éclaté. C'est grand, immense, les rues sont larges, avec un vaste trottoir souvent doublé d'une bande d'herbe où on a planté des arbres et des garages à vélos. Il y a aussi énormément d'espaces en friche. Un terrain vague peut ainsi surgir entre deux bâtiments fraichement rénovés, même dans les quartiers déjà bien retapés comme Prenzlauer Berg. Précision, je parle ici de Berlin Est, et d'avouer que je ne m'aventure presque jamais de l'autre côté du Tiergarten. Paysage à travers lequel transparait bien cette étrange impression, de se sentir partout comme en province, comme dirait mon père, voici la skyline de Friedrichshain vu depuis les berges de la Spree. C'est pas franchement beau, mais comme il y a du Wim Wenders derrière tout ça, on apprécie.


Passons au troisème cliché. j'espère que vous prenez des notes. C'est un bâtiment de l'architecte portugais, Alvaro Siza, et qu'on appelle aujourd'hui Bonjour tristesse. Pourquoi donc? Bah à cause du tag, qui est venu orner le fronton dès la fin des travaux, en 1984. L'immeuble est situé dans Kreuzberg, près de Schlesises Tor. On passe devant sans le voir. Savoir si on aime ou on aime pas, s'il est vraiment triste ou non, c'est une affaire bien compliquée. C'est vrai que l'enduit est dégueulasse. Mais je dirai qu'il s'intègre pas trop mal, en étant malgré tout convenablement original. Enfin j'aimerai pas non plus le voir de mes fenêtres chaque matin. Quelques détails dans la façade sont plutôt malins. Mon père dirait: "tu vois, ça, ça et ça, c'est de l'architecture bien pensée".


La suite, c'est un ensemble de logements style RDA qui trône à un carrefour, au nord de Friedrichshain. C'est colossal, ça bouffe toute la place, ça se fout de ce qu'il y autour, c'est tristounet, mais c'est tellement berlinois! On note que l'architecte n'a pas voulu faire que des tours de la même taille. Non, non, trois tailles différentes, c'est mieux. Avec des décrochés, comme ça ça casse le rythme... vous voyez?


J'avais aussi envie de vous faire part d'une expression de mon papa que je trouve vachement pertinente (mais attention hein, elle est copyrightée): vivre et travailler dans un aquarium. C'est l'hyper-post-modernité consommatoire productiviste qui veut que tous les burlingues soient en verre et acier. Pour symboliser la transparence, et aussi pour que les employés se sentent toujours un peu épiés. Les plantes vertes et les photocopieurs, on dirait des algues et des petits coffres à trésor en plastqiue. Illustration: une façade derrière Potsdamer Platz.


Malgré tout ça, il y a quand mêmes de très beaux bâtiments à voir à berlin. De formidable, il y a la Neue Nationale Galerie, de Mies van der Rohe (un musée). Difficile à décrire. Je dirai que c'est un bâtiment parfait, dans lequel absolument tout est dessiné, contrôlé à la perfection. Les dimensions et l'usage de l'espace donne presque l'impression de flotter; ça a quelque chose du temple. Bon, les photos donnent pas grand chose, les verticales étant complètement déformées, mais je ne résiste pas à l'envie de vous les montrer quand même, parce que j'ai utilisé le mode panoramique... tadaaam!



Dites vous bien que ça ne fait pas la taille d'une station service, mais qu'il doit y avoir 7 mètres de hauteur sous plafond. Pour la photo du bas, imaginez que tout est bien parallèle (le bâtiment étant rectangle) et que les deux masses noires sont d'énormes colonnes d'une très belle pierre sombre. Pour avoir une idée de l'échelle, on distinguent des doubles portes ouvrant sur la terrasse au fond.


Allez, fini l'architecture pour le moment. On passe à la rubrique "retaurant". "C'est bat'. J'm'appelle Patrick, mais on dit Bob..." Oui, je suis en train d'écouter Boris Vian. Hum hum, reprenons: vendredi dernier (non, pas celui là, celui d'avant) on a diné en terrasse dans Prenzlauer Berg avec mes parents (un des avantage d'avoir ses parents en visite, c'est qu'on mange tout le temps au resto). C'était très sympa, jusqu'à ce qu'il se mette à tomber des cordes et des cordes. Soirée très très mouillée mais marrante. Heureusement que la terrasse était équipée d'un auvent en tissu déroulant, et que le restaurant mettait à disposition de ses clients des plaids, qui nous ont permis de nous protéger des gouttes à trajectoire latérale. Et puis surtout, heureusement qu'on avait treminé nos assiettes (cuisine franco-allemande - donc alsacienne - bien mastock).



Pour terminer: petite mise au point à propos du billet précédent. Je ne sais pas si c'est clair dans votre esprit que l'ours en jambon (un franc succès en matière de commentaire) est en l'occurrence composé exclusivement de viande, et que c'est sa forme qui m'a fait faire un rapprochement avec les ours en guimauve napés de chocolat. C'est dit. Sinon, je n'ai pas tellement vu d'autres denrées alimentaires étant le produit d'un croisement avec une friandise. Je ferai attention la prochaine fois que j'irai faire les courses, promis. Et à propos du comté, banco. Il était bien importé de France.

Allez, bon vent. Et la prochaine fois, je vous parle de la reconstruction du mur de Berlin et vous raconte une expérience lynchéenne dans un bar, photo à l'appui.

samedi 2 mai 2009

Des petits riens, et mon 1er mai à Kreuzberg.

Alors, ça y est, enfin, le mois de mai est là. Découvrez-vous et faites ce qui vous plait, yihoo! Ici à Berlin, la vie suit sa petite routine, entre le boulot pour mon mémoire, les sorties et les grasses matinées sur mon matelas infernal qui fait à peine 9 cm d'épaisseur.


Je n'en suis plus bien sûr, mais je crois vous avoir promis des images de mon bureau, tellement chouette qu'il donne envie de se mettre au boulot. Et bien voici, avec en prime mes petites plantes et mon bouquet fané (j'irai en acheter un nouveau lundi). Quand j'en ai ma claque de l'analyse de contenu, je lève la tête pour voir passer les cons, heu... les Berlinois. De temps à autre y'a aussi Baliman le chat de la coloc'- ne m'demandez pas d'où sort ce nom bizarre, faut voir ça avec Frank - qui vient foutre tous ses poils sur mes habits ,et grignotter ma verdure. C'est un chat vraiment complètement timbré, indomptable. Je l'ai banni d'la chambre, c'est vous dire. Regardez ssimplement ses yeux, ça se voit qu'il a un grain, non?.


J'ai envie de me plaindre. C'est pas marrant marrant de devoir travailler en français alors que je suis à Berlin, ça crée comme une brèche dans mon immersion. J'essaie toutefois de sortir au moins une fois par jour (non, ne vous moquez pas, j'ai un esprit d'aventurier mais aussi un naturel quelque peu casanier), faire un petit tour de vélo, lire au soleil dans un parc, faire les courses. Voici par exemple la photo d'un chantier de démolition dans la rue parallèle à la mienne. Je suis entouré de chantiers. Ils finissent de construire un immeuble de logement derrière chez moi, un autre de l'autre côté du carrefour, et dans la rue derrière, et jusque dans mon immeuble où là c'est particulier puisque c'est un concept existentialiste de travaux perpétuels...

Parfois je pousse un peu plus loin, pour continuer de visiter Prenzlauer Berg, qui est plus ou moins le quartier où j'habite puisqu'il commence au trottoir de droite de la Torstr. et que je vis du côté gauche de la rue, dans Mitte. L'autre jour j'ai ainsi découvert un chouette parc, juste en face de l'ancien château d'eau de Prenzlauer Berg. Le château d'eau est une drôle de construction, qui servit notamment un temps de prison sous la période nazie. Aujourd'hui il est divisé en appartements. Je me demande d'ailleurs si ceux-ci ont la forme de parts de gateau ou bien si les gens doivent être suffisamment riche pour pouvoir se payer un étage entier.

Au cours de mes balades, et comme tout touriste un peu observateur à Berlin, je me suis demandé un paquet de fois à quoi servaient les gros tuyaux de couleurs qui serpentent dans la ville.


Je vous laisse le temps de finir cette phrase pour émettre une hypothèse... et, fini. Réseau payant de distribution de grenadine? Ce serait top, mais non. Ce sont simplement des dérivations provisoires de canalisations d'eau, pour quand y'a des travaux (cf. plus haut). Pourquoi rose, bleu, violet? Mais parce que c'est plus joli pardi, et qu'ici on se soucie des détails! Et pour ceux d'entre vous qui faut qui voyent pour qu'ils croyent, voici une photo de l'origine des gros tuyaux. Amen.


Alors la prochaine photo (et là j'ai vraiment l'impression de vous endormir avec des diapos de vacances), c'est un coucher de soleil depuis le Volkspark Friedrichshain. D'accord, c'est pas typiquement berlinois comme prise de vue, mais c'est beau quand même, hein?



Pour ceux qui aiment mon vélo bordeaux (et non pas rose, faut vraiment que je le précise encore? Pfft... ), sachez qu'il me sert toujours fidèlement. Demain j'emène Ivanhoé au bord du Wannsee. Pour l'occasion je lui ai regonflé les pneus dans une station service et c'était la première fois de ma vie que je faisais ça. Je me sens plus adulte depuis.

En rentrant ce jour là (j'étais dans Prenzlauer Berg), j'en ai profité pour prendre une photo de l'Alexanderplatz vu de loin et sur fond de ciel rosatre. A gauche, admirez un très beau mur aveugle, tout en vraies briques allemandes, puis la tour du Park Inn Hotel, très anguleuse n'est-ce pas, au centre une cheminée d'usine avec une échelle dessus, et enfin le grand bilboquet, ou la boule à facette géante, wie ihr wollt.

Vendredi, c'était quel jour? Attendez voir? Ah oui, le 1er mai. Alors le 1er mai, quand on est à berlin, bah faut être à Kreuzberg. C'est ce que j'ai fait. Rendez-vous donc avec quelques amis à la station Gorlitzer Bhf, près du Gorlizer Park où on a papoté au soleil, bu des bières et joué aux cartes en attendant Godot. Le parc est une petite colline de forme rectangulaire applatie.

Ensuite, encore de la bière, mais dans la Oranienstrasse cette fois, noire de monde et ponctuée de scènes de concert. Petit revival, j'ai vu un ballon bleu qui s'envolait et ça m'a fait pensé à l'histoire du ballon rouge de mon enfance.


Kreuzberg, c'est LE quartier turc. Bon y'a Neuköln aussi, plus au Sud, mais Kreuzberg c'est LE quartier turc historique. Donc à l'occasion du 1er mai, les trottoirs sont forcément bordés de petits stands turcs, un peu comme en Turquie (je ne suis pas redondant, je vous fait profiter de mes expériences de voyages là), et notamment de barbecues fumant sur lesquels cuisent saucisses, épis de mais, galettes en tout genre et boulettes de viande.


Ah oui, j'oubliais, y'a bien sûr tout un contexte politique qui légitime ces réjouissances. Je vous laisse chercher dans la photo suivante un indice de la tendance majoritaire.

Il y avait beaucoup de gens de sortie vendredi, des punks, des enfants, des turcs, des Erasmus, des écolos. Et selon les règles élémentaires de la dynamique des flux pietonniers, tout ce beau monde convergeait fatalement vers la place ronde au centre de Mariannenpark.

En fin d'après-midi, sur le coup de cinq heure, on a croisé la manifestation des alter-gauchistes anarcho-anti-tout. Je me moque un peu, mais c'est vrai que certains types avaient l'air plutôt de pas rigoler, et de vouloir se bastonner pour l'amour de la baston plutôt que pour un monde plus juste et plus doux. c'était pas encore la révolution. Je dirais 5000 vrais manifestants, plus une autre moitié de badeaux. Tout le monde avait un téléphone, un appareil photo ou une caméra à la main, c'était halucinant. Bienvenue dans la méga-médiasphère. J'ai vu quelques pierres volées au loin, et des mecs tout en noir et cagoulé courir vers la tête du cortège. Prudent et davantage porté vers la contemplation, je suis resté à bonne distance. C'était pas le moment de me faire gazifié ou matraqué en début de weekend.

Puis après, encore une bière et une saucisse à la moutarde dans un petit pain. Fin de journée dans une ambiance tout à fait similaire à celle de la fête de l'Huma, c'est-à-dire de la fumée, de la grosse musique, des odeurs de weed tout partout et des gens vautrés dans les caniveaux. Je précise toutefois qu'ils restaient quelques enfants ça et là, et aussi des petits roms qui ramassaient les bouteilles vides pour réccupérer le Pfand.
Voilà, c'est fini pour les nouvelles de la semaine. J'espère que vous allez tous bien, et aussi que les syndicats français vont continuer un peu à se serrer les coudes! Allez, trois petites photos pour conclure:


Achat de bière entre Turcs, derrière un cordon de flics matelassés. Et deux grafs à la demande d'un de mes fidèles lecteurs (non, les murs ne sont pas tous noirs ici, c'est que j'ai pris les deux clichés au même endroit)




Salut, surtout surtout ne lâchez rien, et bon vent!


jeudi 23 avril 2009

Je sais qu'un peintre-justicier veille sur Berlin...

Salut. Oui, ça fait un baille que vous attendiez ce billet.


Mais pour me faire pardonner ce trop long silence (enfin on ne parle que de quelques jours, faut pas charrier non plus) je vous en sers une double ration aujourd’hui. C’est ça, cachez pas trop votre joie non plus.

Avant de commencer, des grues. Et oui, Berlin est toujours en construction, et ça fait vingt ans que ça dure !


Cette semaine, en plus de la charmante visite de mon amoureuse, j’ai eu mes premiers cours à la fac. Alors le lundi, c’est désormais cours d’allemand de 12 à 16h, puis «Berlin in der Litteratur» de 18 à 20. Pour ce dernier cours, j’ai une tonne de textes en allemand à me fader chaque semaine! Bonjour le travail à la maison. J’ai pas commencé, mais si je dois faire ça consciencieusement à chaque fois, j’en ai bien pour trois ou quatre heures. Enfin… faut bien ça pour avoir un peu de culture. Le mardi c’est pas ravioli mais un peu plus tranquille, quoique plus matinal aussi. Rien que deux heures de « Medientheorien in Überblick » de 10 à 12. Et puis sinon, le reste de la semaine… heu, comment vous dire… bah c’est à dire que… j’ai pas cours. Hé hé, vous êtes jaloux ? A dire vrai c’est pas que du 100% temps libre. J’ai mon ?§#%£ de mémoire qui m’attend, et comme je viens de l’écrire, largement de quoi occuper mon temps à travailler mon allemand. Et puis quoi, 8 heures de cours par semaine, c’est pas le rythme des étudiants parisiens avec les grèves et tout le bazar ? Je dis ça mais je suis pas un sale con de réac’ fan de Fillon. Vive la grève des facs et merde à la réforme !

Petite pause cliché insolite : vu dans le métro, un sac Lidl détourné à la sauce ni dieu ni maître. Je vous demande de méditez sur le sujet quelques secondes avant de poursuivre la lecture.


Hein, quoi ? Météo, météo, météo ? Vous voulez vraiment que je vous parle du temps ? Encore ? Moi qui croyais qu’on avait dit que j’arrêtais avec ça. Mais comme vous insistez, pourquoi me gênerai-je (ho ho, inversion du sujet)? Alors donc, ici à Berlin il fait un peu près le même temps qu’à Paris, c’est à dire beau mais pas trop, avec du soleil mais du vent quand même, et parfois (grand dieu !) des petites gouttes de pluie fine. Et depuis une semaine les feuilles ont poussé sur l’arbre en face de ma fenêtre. Je dois dire que c’est sympa d’avoir de la verdure devant chez soi. Et à l’intérieur de chez soi aussi en fait. Et oui, parce que j’ai acheté plein de petites plantes qui rendent mon intérieur encore plus génial. En plus, accompagné de ma chère moitié, j’ai pu enfin m’acheter chez Ikea ce qui manquait cruellement à ma chambre : un bureau et une étagère ! Je vous montrerai peut-être les photos un jour. Croyez le ou pas, mon bureau donne envie de travailler, c’est dingue ! On a aussi une nouvelle machine-à-laver dans la coloc’. L’autre est morte un samedi matin. Amen. Dans l’intervalle j’ai du faire une lessive dans la baignoire, un vrai bonheur. Je vous mets une photo de mon linge. C’est après chaque lessive un peu pareil, sauf que cette fois là y’avait vraiment beaucoup beaucoup de fringues. Presque toute ma garde robe.


Bon, à présent passons aux photos, ou plutôt à une forme de récit ou le texte légende les photos, plutôt que des photos qui illustrent mon texte comme jusqu’à présent. J’ai un sacré gros stock à écluser ce soir, alors allez vous chercher un café, une tisane ou une infusion de marijuana, et installez vous confortablement devant votre écran, si possible avec un chat ramollo sur les genoux, et sinon de gros chaussons.


Mercredi, je me suis baladé dans Prenzlauer Berg, mais vers le nord, là ou j’étais encore jamais allé. De cette expédition en terra incognita, deux pépites : le planétarium, qui me fait penser au tombeau de Newton dessiné par l’architecte Boulée (oui je sais, sans doute comme tous les planétariums et les bâtiments en forme de boule), et puis un monument à la gloire d’un héros soviétique tué par la Gestapo (première photo), coincé entre une deux fois deux voix et un grand ensemble triste.


A Berlin, les enfants sont plus débrouillards qu’ailleurs. Vous ne me croyez pas? Et bien regardez donc à quoi ressemble les aires de jeux ici, et c’est pas ce que j’ai vu de plus impressionnant encore. Y’a certaines installations qui m’ont laissé bouche bée. Des cabanes avec des palissades dentées, des chaînes et plein de bouts de branches pointus à la Mad Max 2.


Je vous avais parlé de Krumme Lanke l’autre jour, et bien la semaine passée je suis allé au bord d’un autre lac : le Müggelsee ! J'adore son petit nom sexy. C’est un immense lac situé à l’est de Berlin. A vrai dire ce n’est pas très intéressant, mais je suis content d’y être allé au moins une fois. Et puis j’ai quand même mangé une Currywurst avec Pommes Mayo là-bas. Plutôt correcte, alors ça valait le coup.


Cette photo-ci, je l’ai prise à deux pas du parc du château de Charlottenburg. C’est un bras de la Spree. Je trouvais la vue incroyable avec ces trois cheminée squi semblent être faites en carton-pâte.


On dirait vraiment une maquette. Enfin c'est mon avis. En passant devant le château, j’en ai profité pour acheter deux affiches à la boutique du Bröhan Museum, situé juste en face : un princesse rousse signé Mucha, sur fond vert, et un tableau nordique d’une femme nue qui fume sur un espèce de divan de psychanalyse près d’une fenêtre. Envoûtant ! Après, et en compagnie de ma chère et tendre, on en a profité pour se boire chacun une grande bière bien fraîche.


Hop-là, je vous mets une petite photo de Friedrichshain la nuit, avec un joli camion de pompier gyrophare en action. C’est pas toujours à ce point le bordel, mais c’est quand même plutôt agité le soir. Faut dire que la concentration de bar Y est juste sidérante.


Toujours dans la série «visiter Berlin sans sortir de chez vous », voici une photo du Landwehrkanal, dans Kreuzberg. C’est un canal (comme son nom l'indique) parallèle à la Spree, bordé de grandes pelouses et de chemins de ballade ombragés. Très chouette. Y’a même des cygnes ! Idéal pour jouer au carte en mangeant une glace après une petite ballade à vélo le dimanche aprem'.


Et pour conclure ce billet, je suis bien d’accord avec le peintre anarcho-pirate qui badigeonne les façades aveugles de tous un tas de bâtiment de Berlin en même temps qu’il veille sur les citoyens comme Batman sur les habitants de Gotam City: « Diese Stadt ist aufgekauft ! ».

A la prochaine, et bon vent comme dirait vous savez qui.
vivre à Berlin
 
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