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dimanche 22 mars 2009

Currywurst pour un dimanche.

Dimanche matin, et toujours pas d'eau chaude... Bouh, ou plutôt Raaaah!

J'ai finis de prendre mon petit-dej' dans le silence de Berlin encore endormie, en me remettant doucement de la WG-Party d'hier. "La ville endormie" ce n'est pas une image, tout est vraiment éteint le dimanche matin. La Torstrasse ne vibre pas sous le poids des trams et des bagnoles, le bonheur!


Soit les gens trainent au lit, soit ça brunche dans les Kneipe bohèmes de Prenzlauer Berg, soit les plus irréductibles, ou simplement les plus perchés, continuent de danser dans un hangar sans fenêtre du côté de Berghaim. Mais pour en revenir à nos moutons, WG ça veut dire Wohnunggemeinschaft. Colocation, en français. Dans une WG-party, le principe est que chacun peut ramener qui il veut (autant dire que je n'en ferai jamais!), ce qui donne une densité de personne juste insupportable et rend l'air difficilement respirable. Mais qu'est-ce qu'on ne ferait pas pour boire des bières à l'oeil! Avant cette aventure épique, j'avais pris un café, ou plutôt une bière (on est en Allemagne), avec une fille du Celsa qui vient d'arriver à Berlin, sympa, puis avais croisé par hasard des étudiants de mon cours d'allemand intensif qui m'ont invité à me joindre à leur diner pâtes aux tomates + crêpes. Ils étaient tous persuadés que les crêpes sont un dessert typiquement français, ce que je n'ai pas démanti malgré une certain scepticisme... Si quelqu'un à des infos à ce sujet, qu'il se manifeste ou se taise à jamais!

Cet après-midi je dois retrouver Paul vers 15h, un néérlandais, pour travailler notre exposé à présenter pour mardi. Notre sujet - attention, accrochez-vous bien - la Currywurst! Quelle originalité, c'est incroyable! Mais bon, allez, c'est quand même chouette de faire un exposé sur une saucisse...


Bon dimanche à tous, reposez-vous et travaillez bien!

dimanche 15 mars 2009

L'arrivée

Salut les vieux croque-monsieurs au cheddar (cette expression marche aussi pour les filles)!


Bon, alors ici tout va très bien. Je vais tâcher de vous raconter un peu ma vie sans trop vous faire chier, mais soyez indulgents parce que c'est pas facile de faire un premier bilan après si peu de temps passé ici à Berlin. Et oui, je sais que je vous manque déjà effroyablement, et pourtant je ne suis parti que depuis 7 jours, tout rond. Tant que j'y suis, j'en profite avant de ma lancer pour m'excuser auprès de ceux à qui je n'ai pas pu dire vraiment au revoir, pour cause de préparatifs d'expatriation/leçons de conduite/déménagement. De toute façon, "les adieux ça craint" comme dirait Karl Marx. Et puis j'en profite aussi pour passer une petite dédicace à Patrick McGoohan, si tu nous écoute vieux, peace. Bon, trève de blabla, bouclez vos ceintures car maintenant c'est parti les ouistitis! Retro-fusées, en avant!

Longtemps j'ai passé l'aprè-midi d'aujourd'hui à trainer au marché aux puces du Mauerpark avec ma coloc Giulia, une italienne à Berlin depuis déjà 6 mois, et c'était super. Il faisait beau, et puis l'eau était à 32 degrés, et puis aussi y'avait un terrain de mini-golf et j'ai gagné, et après on a été à Aqualand et chez Leclerc et j'ai acheté une gameboy advanced bleue. Non, bon, en fait il pleuvait, on avait froid aux jambes et de la boue sur les chaussures. Mais par contre on a acheté un canapé et un fauteuil (assortis je précise), et tenez vous bien, le tout pour 40 euros livraison comprise! Willkommen in Berlin, la capitale la moins chère d'Europe! Bon, ce sont des antiquités, détrempées, au design retro DDR-maison de retraite, mais après un séchage intensif, un tour au marché turc de Kreuzberg pour dénicher du tissu pas cher et un atelier couture à la coloc', notre nouveau salon aura fière allure! Avant ça on a brunché un "franzosische Früstuck" vers 14h, dans une petit Kneipe (et oui, je glisse ça et là des mots allemands pour donné un cachet authentique à mon histoire) sympa de Prenzlauer Berg, et j'ai aussi acheté un bouquet de tulipes jaunes. Bref, j'ai passé un dimanche plutôt chouette. Reste que je dois pondre une rédac' en allemand pour demain, et que c'est pas le comble du bonheur de devoir le faire un dimanche soir. Et oui, car c'est pas non plus la glandouille ici, j'ai cours intensif d'allemand tous les jours de la semaine, de 9h30 à 13h! Et je peux vous dire qu'en une semaine, j'ai fait plus d'allemand que dans toute ma vie! Bon, certes j'exagère un peu, mais c'est tout de même vrai que le rythme est assez violent. D'autant que ma fac est à une heure de U-Bahn (métro) de là où j'habite. Autrement, la vie d'un étudiant étranger à berlin - comme n'importe où d'ailleurs - est une aventure permanente. Tout, mais alors tout relève du défi! Le combat ordinaire, je suis dedans. Se faire faire de la monnaie sur un billet dans une boulangerie par exemple, être à jour au niveau paperasses administratives en tous genres, trouver des coton-tiges, trouver des 'amis', comprendre de quoi est faite la drôle d'assiette composée que la dame de la mensa (resto U) vient de poser sur l'étagère en inox - pour le coup c'était des espèces de boulettes roquefort-aïl-curry vraiment, mais alors vraiment deg'. Bref, j'ai ma dose d'adrénaline quotidienne, et je peux vous dire que je dors bien la nuit.


J'ai la chance d'avoir une super coloc', bien située (Torstrasse 60 Berlin, pour ceux qui sont pas trop des manches avec google map), et je vis avec des gens très relaxs, et à l'écoute ce qui est fort utile pour pratiquer mon pauvre allemand. Il y a donc Giulia l'italienne, 21 ans, toutes ses dents et pleine d'énergie, et Frank, 27 ans, allemand un peu exentrique, chanteur-guitariste-peintre. On forme un joli trio je trouve, enfin je dis ça en n'étant arrivé qu'il y a tout pile une semaine. Je m'acclimate à la vie berlinoise, en prenant petit à petit mes repères (supermarchés du quartier, lignes de métro, marques de bière, meilleures saucisses, falafel potable, bars, etc.), et le moral est bon même si la première semaine s'est caractérisée par un état psychopsychique que je qualifierai de montagnes russes émotionnelles. J'étais du genre "putain, ils font chier ces allemands, et tous ces cons d'Erasmus, vivement que je sorte de ce métro pour me poser tranquile dans mon canapé avec une binouse et qu'on me foute la paix,la-France-me-manque-bouh", puis 20 minutes plus tard sans trop savoir pourquoi je passait à la phase "A moi la grande ville, youhouu, je vais te conquérir Berlin la rouge, toi et tes mille squats et tes gateaux aux carottes et tes habitants drôlement bizarrement fringués"! Voyez un peu le truc?

Bon, je ne sais plus trop quoi raconter là, mais pour satisfaire votre curiosité plsatico-picturale, je joins des photos à ce message, de l'immeuble, de ma chambre et du quartier. Si vous voulez des précisions sur tel ou tel truc, à vous de demander en en profitant pour me donner aussi des petites nouvelles de vous! ET pour des corrections sur les devoirs d'allemand: geh in Hölle! Ah, et tant que j'y pense, dans une démarche citoyenne d'ouverture de la sphère politique aux jeunes, inscrivez-vous presto au groupe fessebook des fans d'Hartley Coeur-à-vif! Comme ça, si on est assez nombreux, peut-être qu'ils passeront des épisodes de ce génial plaidoyer télévisuel pour une éducation libre dans les collèges et lycées de France.

Tschüss et bon vent comme dirait Georges Pernoud.
vivre à Berlin
 
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