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mercredi 3 juin 2009

Mes nuits seront plus douces.

Schönen Abend,

D'abord, une jolie photo qui s'inscrit dans ma lignée hommage à Wim Wenders. Elle a été prise à l'aube, vers les cinq heures du matin, en rentrant à pieds des bords de la Spree.


Ensuite: chose promise, chose due. Voici donc la fameuse photo de mon expérience absolument lynchéenne. J'ai croisé ce grand chien noir un soir, dans un bar appelé le "Fire". Vous aurez remarqué que l'endroit tient son nom des télés-feu-de-cheminée, qui donnent à la décoration un petit quelque chose de Twean Peaks et aux clients l'impression d'être dans un étrange et paisible rêve éveillé.


Après un silence prolongé, qui s'explique par un long weekend que j'ai passé à Cracovie et quelques menues besognes administratives à écluser, me revoilà plus en forme que jamais. D'autant que j'ai un nouveau matelas! Je sais, cette transition est dure à encaisser, mais reprenez-vous. C'est un grand deux-places bien épais (je dirais aux alentours de 22 cm), qui va vite me faire oublier l'austère paillasse qui me servait de lit jusqu'alors. J'avais l'épaule qui me rentrait dans le torse à longueur de nuit, et craignais une déformation irréversible de mon élégante silhouette. Admirez un peu le mille-feuille.


Et sans plus attendre, on enchaîne avec un quizz spécial Berlin! Prêt? Alors allons-y. D'où a bien pu être prise la photo suivante? Pour vous aider, je peux dire qu'un indice est caché quelque part dans l'image...


Vous avez trouvé? Du haut de la Fernsehturm? Bravo! Et pour info, c'est une vue de l'Alexanderplatz. Je suis monté en haut de la tour pour la toute première fois (dans un ascenseur qui sent le fromage) seulement il y a quelques jours. C'est payant, c'est cher, mais ça vaut le coup! La photo suivante montre les barres de l'ex Berlin est (difficile à prononcer ex-est) qui s'alignent derrière la place. Non non, ce n'est pas Argenteuil, ni une maquette!

L'autre jour en marchant sous les tilleuls d'Unter den Linden (ça qui veut déjà dire "sous les tilleuls," mais si j'écris "en marchant sous les tilleuls de sous les tilleuls", on comprend plus rien du tout), l'équivalent berlinois des Champs-Elysées, j'ai enfin pensé à prendre une photo qui me trottait dans la tête depuis longtemps: celle du magnifique logo de la compagnie aérienne russe Aeroflot! Ca donne envie, non? Vodka, cornichons, eau de toilette de contrebande et réacteur défectueux...


Et pour rendre à César ce qui m'appartient, et faire un petit clin d'œil à Alex qui est venu me rendre visite le weekend dernier, je vous présente le mariage parfait du matin ou des petites pauses de l'après midi (entre deux longues séances de claviotage de mémoire): café et Leibniz au chocolat! Lecker, rien que de poster la photo ça me donne envie.


Toujours avec Alex, nous avons brunché en terrasse au café Gagarin, à deux pas du parc du château d'eau dans Prenzlauer Berg. Ambiance conquête de l'espace soviétique, très bon pain, petit-déjeuner copieux et jolies tasses à la russe! En plus le soleil était presque de bonne humeur.


La photo suivante est assez marrante, mais peut toutefois choquer la sensibilité des électeurs de droite puritains les plus cons. Petit indice (j'ai un truc avec les devinettes ce soir moi), ce n'est pas de la réclame pour une grosse Wurst, en tout cas pas au sens propre du terme... Pour les non-anglophones, le logo peut aider à faire comprendre de quoi il retourne. Je pense que ce n'est pas à Paris qu'on verrait ça... m'enfin y'a bien eut Yannick Noa en slip Sloggy sur des arrêts de bus.


Direction l'East Side Gallery à présent. Tout le monde a son audio-guide branché? Alors l'East Side Gallery, c'est le plus long pan de mur donné à voir à Berlin. 1,3 km de béton qui double la rive droite de la Spree, de la Ostbahnhof à la station Warschauer Strasse. C'est aussi une série de fresques en plein air, constituant un "monument à liberté" (le terme n'est pas de moi, donc vous pouvez vous moquer). Mais faute de fil barbelé à lames de razoir et de mitralleuses flash-ball à détecteur de mouvement, les peintures ont été, au fil des années, très dégradées par ces connards de touristes. C'est pourquoi une association a décidé de retaper tout ça. Un grand coup de grattoir, une couche de peinture blanche et hop, on appelle les mêmes artistes pour qu'ils nous repondent quelques chose. Il y a de tout, du pas mal au très très moche. Appréciez la petite ironie, qui veut qu'on restaure le mur vingt ans après l'avoir abattu.


J'ai bien aimé ce remake de Guernica à la sauce berlinoise.


Et pour finir ce billet du mardi, le premier du mois de juin, je suis trop triste parce qu'on m'a vandalisé Invahoé... Je l'ai retrouvé un matin en bas de chez moi, amputé. Salaud!


Bon, nan, je blague. C'est pas mon vélo ce blessé de guerre. Ivanhoé va très bien, à l'abri dans la cour de l'immeuble. Faudrait voir à travailler un peu plus votre sens de l'observation quand même.

Allez, bon vent, votez bien aux européennes (j'ai dit BIEN!), et jeudi prochain, pensez à manger de la rillette, de la mère Loïc, du comté, du Saint-Marcelin ou du reblochon tartiné sur du pain poilâne grillé, arrosé d'un Bourgogne blanc bien frais, installé devant Roland Garros!

dimanche 17 mai 2009

Je reprendrais bien un peu d'architecture.

Bonjour chers lecteurs,


J'espère que vous avez bien petit-déjeuné, flemmardé, pris un bain, rangé la cuisine, lu les journaux, brunché, bref, que vous avez déjà profité du dimanche. Si ce n'est pas le cas, pas de panique, il vous reste encore l'après-midi pour vous rattraper. Mais d'abord, un peu de lecture.

Aujourd'hui je vais vous parler de... Berlin. Ouais, je sais, je maîtrise de mieux en mieux les petits effets de suspens. Mais c'est qu'il faut bien légitimer le titre de ce blog. Et à dire vrai, c'est aussi que la visite des mes parents le weekend dernier m'a permis d'appréhender la ville de manière plus architecturale (normal, sont architectes me direz-vous...). Pour ceux qui en sont encore à se demander qui sont les gens de la photo du début, et bien c'est nous trois, reflétés dans la coupole du Reichstag, coupole dessinée par Norman Foster. Oui, le cours d'archi à commencé. Prenez place, et tâchez d'arriver à l'heure la semaine prochaine.

Première diapo: la très moderne (et très chouette) bibliothèque qui termine l'énorme bâtiment abritant les bureaux des parlementaires, en bord de Spree. J'ai pris la photo du haut du Reichstag, d'où les pignons aux premiers plan. Mmmh, alors les enfants, vous en pensez quoi? Berlin ville de contraste?


Ce dont on se rend très rapidement compte en circulant dans Berlin, d'un quartier à un autre, c'est que le tissu urbain est complètement distendu, étiré, presque éclaté. C'est grand, immense, les rues sont larges, avec un vaste trottoir souvent doublé d'une bande d'herbe où on a planté des arbres et des garages à vélos. Il y a aussi énormément d'espaces en friche. Un terrain vague peut ainsi surgir entre deux bâtiments fraichement rénovés, même dans les quartiers déjà bien retapés comme Prenzlauer Berg. Précision, je parle ici de Berlin Est, et d'avouer que je ne m'aventure presque jamais de l'autre côté du Tiergarten. Paysage à travers lequel transparait bien cette étrange impression, de se sentir partout comme en province, comme dirait mon père, voici la skyline de Friedrichshain vu depuis les berges de la Spree. C'est pas franchement beau, mais comme il y a du Wim Wenders derrière tout ça, on apprécie.


Passons au troisème cliché. j'espère que vous prenez des notes. C'est un bâtiment de l'architecte portugais, Alvaro Siza, et qu'on appelle aujourd'hui Bonjour tristesse. Pourquoi donc? Bah à cause du tag, qui est venu orner le fronton dès la fin des travaux, en 1984. L'immeuble est situé dans Kreuzberg, près de Schlesises Tor. On passe devant sans le voir. Savoir si on aime ou on aime pas, s'il est vraiment triste ou non, c'est une affaire bien compliquée. C'est vrai que l'enduit est dégueulasse. Mais je dirai qu'il s'intègre pas trop mal, en étant malgré tout convenablement original. Enfin j'aimerai pas non plus le voir de mes fenêtres chaque matin. Quelques détails dans la façade sont plutôt malins. Mon père dirait: "tu vois, ça, ça et ça, c'est de l'architecture bien pensée".


La suite, c'est un ensemble de logements style RDA qui trône à un carrefour, au nord de Friedrichshain. C'est colossal, ça bouffe toute la place, ça se fout de ce qu'il y autour, c'est tristounet, mais c'est tellement berlinois! On note que l'architecte n'a pas voulu faire que des tours de la même taille. Non, non, trois tailles différentes, c'est mieux. Avec des décrochés, comme ça ça casse le rythme... vous voyez?


J'avais aussi envie de vous faire part d'une expression de mon papa que je trouve vachement pertinente (mais attention hein, elle est copyrightée): vivre et travailler dans un aquarium. C'est l'hyper-post-modernité consommatoire productiviste qui veut que tous les burlingues soient en verre et acier. Pour symboliser la transparence, et aussi pour que les employés se sentent toujours un peu épiés. Les plantes vertes et les photocopieurs, on dirait des algues et des petits coffres à trésor en plastqiue. Illustration: une façade derrière Potsdamer Platz.


Malgré tout ça, il y a quand mêmes de très beaux bâtiments à voir à berlin. De formidable, il y a la Neue Nationale Galerie, de Mies van der Rohe (un musée). Difficile à décrire. Je dirai que c'est un bâtiment parfait, dans lequel absolument tout est dessiné, contrôlé à la perfection. Les dimensions et l'usage de l'espace donne presque l'impression de flotter; ça a quelque chose du temple. Bon, les photos donnent pas grand chose, les verticales étant complètement déformées, mais je ne résiste pas à l'envie de vous les montrer quand même, parce que j'ai utilisé le mode panoramique... tadaaam!



Dites vous bien que ça ne fait pas la taille d'une station service, mais qu'il doit y avoir 7 mètres de hauteur sous plafond. Pour la photo du bas, imaginez que tout est bien parallèle (le bâtiment étant rectangle) et que les deux masses noires sont d'énormes colonnes d'une très belle pierre sombre. Pour avoir une idée de l'échelle, on distinguent des doubles portes ouvrant sur la terrasse au fond.


Allez, fini l'architecture pour le moment. On passe à la rubrique "retaurant". "C'est bat'. J'm'appelle Patrick, mais on dit Bob..." Oui, je suis en train d'écouter Boris Vian. Hum hum, reprenons: vendredi dernier (non, pas celui là, celui d'avant) on a diné en terrasse dans Prenzlauer Berg avec mes parents (un des avantage d'avoir ses parents en visite, c'est qu'on mange tout le temps au resto). C'était très sympa, jusqu'à ce qu'il se mette à tomber des cordes et des cordes. Soirée très très mouillée mais marrante. Heureusement que la terrasse était équipée d'un auvent en tissu déroulant, et que le restaurant mettait à disposition de ses clients des plaids, qui nous ont permis de nous protéger des gouttes à trajectoire latérale. Et puis surtout, heureusement qu'on avait treminé nos assiettes (cuisine franco-allemande - donc alsacienne - bien mastock).



Pour terminer: petite mise au point à propos du billet précédent. Je ne sais pas si c'est clair dans votre esprit que l'ours en jambon (un franc succès en matière de commentaire) est en l'occurrence composé exclusivement de viande, et que c'est sa forme qui m'a fait faire un rapprochement avec les ours en guimauve napés de chocolat. C'est dit. Sinon, je n'ai pas tellement vu d'autres denrées alimentaires étant le produit d'un croisement avec une friandise. Je ferai attention la prochaine fois que j'irai faire les courses, promis. Et à propos du comté, banco. Il était bien importé de France.

Allez, bon vent. Et la prochaine fois, je vous parle de la reconstruction du mur de Berlin et vous raconte une expérience lynchéenne dans un bar, photo à l'appui.

dimanche 15 mars 2009

L'arrivée

Salut les vieux croque-monsieurs au cheddar (cette expression marche aussi pour les filles)!


Bon, alors ici tout va très bien. Je vais tâcher de vous raconter un peu ma vie sans trop vous faire chier, mais soyez indulgents parce que c'est pas facile de faire un premier bilan après si peu de temps passé ici à Berlin. Et oui, je sais que je vous manque déjà effroyablement, et pourtant je ne suis parti que depuis 7 jours, tout rond. Tant que j'y suis, j'en profite avant de ma lancer pour m'excuser auprès de ceux à qui je n'ai pas pu dire vraiment au revoir, pour cause de préparatifs d'expatriation/leçons de conduite/déménagement. De toute façon, "les adieux ça craint" comme dirait Karl Marx. Et puis j'en profite aussi pour passer une petite dédicace à Patrick McGoohan, si tu nous écoute vieux, peace. Bon, trève de blabla, bouclez vos ceintures car maintenant c'est parti les ouistitis! Retro-fusées, en avant!

Longtemps j'ai passé l'aprè-midi d'aujourd'hui à trainer au marché aux puces du Mauerpark avec ma coloc Giulia, une italienne à Berlin depuis déjà 6 mois, et c'était super. Il faisait beau, et puis l'eau était à 32 degrés, et puis aussi y'avait un terrain de mini-golf et j'ai gagné, et après on a été à Aqualand et chez Leclerc et j'ai acheté une gameboy advanced bleue. Non, bon, en fait il pleuvait, on avait froid aux jambes et de la boue sur les chaussures. Mais par contre on a acheté un canapé et un fauteuil (assortis je précise), et tenez vous bien, le tout pour 40 euros livraison comprise! Willkommen in Berlin, la capitale la moins chère d'Europe! Bon, ce sont des antiquités, détrempées, au design retro DDR-maison de retraite, mais après un séchage intensif, un tour au marché turc de Kreuzberg pour dénicher du tissu pas cher et un atelier couture à la coloc', notre nouveau salon aura fière allure! Avant ça on a brunché un "franzosische Früstuck" vers 14h, dans une petit Kneipe (et oui, je glisse ça et là des mots allemands pour donné un cachet authentique à mon histoire) sympa de Prenzlauer Berg, et j'ai aussi acheté un bouquet de tulipes jaunes. Bref, j'ai passé un dimanche plutôt chouette. Reste que je dois pondre une rédac' en allemand pour demain, et que c'est pas le comble du bonheur de devoir le faire un dimanche soir. Et oui, car c'est pas non plus la glandouille ici, j'ai cours intensif d'allemand tous les jours de la semaine, de 9h30 à 13h! Et je peux vous dire qu'en une semaine, j'ai fait plus d'allemand que dans toute ma vie! Bon, certes j'exagère un peu, mais c'est tout de même vrai que le rythme est assez violent. D'autant que ma fac est à une heure de U-Bahn (métro) de là où j'habite. Autrement, la vie d'un étudiant étranger à berlin - comme n'importe où d'ailleurs - est une aventure permanente. Tout, mais alors tout relève du défi! Le combat ordinaire, je suis dedans. Se faire faire de la monnaie sur un billet dans une boulangerie par exemple, être à jour au niveau paperasses administratives en tous genres, trouver des coton-tiges, trouver des 'amis', comprendre de quoi est faite la drôle d'assiette composée que la dame de la mensa (resto U) vient de poser sur l'étagère en inox - pour le coup c'était des espèces de boulettes roquefort-aïl-curry vraiment, mais alors vraiment deg'. Bref, j'ai ma dose d'adrénaline quotidienne, et je peux vous dire que je dors bien la nuit.


J'ai la chance d'avoir une super coloc', bien située (Torstrasse 60 Berlin, pour ceux qui sont pas trop des manches avec google map), et je vis avec des gens très relaxs, et à l'écoute ce qui est fort utile pour pratiquer mon pauvre allemand. Il y a donc Giulia l'italienne, 21 ans, toutes ses dents et pleine d'énergie, et Frank, 27 ans, allemand un peu exentrique, chanteur-guitariste-peintre. On forme un joli trio je trouve, enfin je dis ça en n'étant arrivé qu'il y a tout pile une semaine. Je m'acclimate à la vie berlinoise, en prenant petit à petit mes repères (supermarchés du quartier, lignes de métro, marques de bière, meilleures saucisses, falafel potable, bars, etc.), et le moral est bon même si la première semaine s'est caractérisée par un état psychopsychique que je qualifierai de montagnes russes émotionnelles. J'étais du genre "putain, ils font chier ces allemands, et tous ces cons d'Erasmus, vivement que je sorte de ce métro pour me poser tranquile dans mon canapé avec une binouse et qu'on me foute la paix,la-France-me-manque-bouh", puis 20 minutes plus tard sans trop savoir pourquoi je passait à la phase "A moi la grande ville, youhouu, je vais te conquérir Berlin la rouge, toi et tes mille squats et tes gateaux aux carottes et tes habitants drôlement bizarrement fringués"! Voyez un peu le truc?

Bon, je ne sais plus trop quoi raconter là, mais pour satisfaire votre curiosité plsatico-picturale, je joins des photos à ce message, de l'immeuble, de ma chambre et du quartier. Si vous voulez des précisions sur tel ou tel truc, à vous de demander en en profitant pour me donner aussi des petites nouvelles de vous! ET pour des corrections sur les devoirs d'allemand: geh in Hölle! Ah, et tant que j'y pense, dans une démarche citoyenne d'ouverture de la sphère politique aux jeunes, inscrivez-vous presto au groupe fessebook des fans d'Hartley Coeur-à-vif! Comme ça, si on est assez nombreux, peut-être qu'ils passeront des épisodes de ce génial plaidoyer télévisuel pour une éducation libre dans les collèges et lycées de France.

Tschüss et bon vent comme dirait Georges Pernoud.
vivre à Berlin
 
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